I
Lorsque les dieux veulent nous punir, ils accomplissent nos rêves.
Quand j’ai entendu pour la première fois ce proverbe, je me demandais dans quelle manière est-ce une punition lorsqu’un grand idéal devient réalité. Normalement, un grand idéal qui devient réalité est une source de bonheur. Cela est presqu’une règle. Mais il y a aussi des exceptions.
Qui n'a jamais rêvé d'être à ce point émerveillé par une chose que le jour de sa découverte, de toute son âme il pourrait dire: eurêka! Sentir que dorénavant sa vie est devenue une quête, ou du moins, qu'une étoile guide son chemin. Eprouver cette sensation de grâce, ce sentiment de pouvoir entièrement se livrer à une cause, d'avoir trouver, enfin, un idéal. Qui n'a jamais rêvé d'appartenir à quelque chose de grand, et que son existence cesse d'être un désert d'ennui.
Être un proche de Napoléon, vivre au palais de Cléopâtre, être sous les yeux de Mozart, l'écouter jouer sa musique ou encore avoir une tête aussi géniale que celle d'Einstein.
Vivre un tel moment d'exaltation, c'était ce à quoi j'aspirais depuis mes débuts dans la vie. Et maintenant je sentais le parfum de ce désir tourbillonner dans ma tête, comme les vagues de l'océan reviennent incessamment sur la rive.
Il y avait beaucoup de livres au rayon de la Fnac où je m'étais arrêtée, mais aucun de ceux que je feuilletais n'attirait particulièrement mon attention; je voulais tomber sur un livre révolutionnaire. Je voulais me réveiller de l'indifférence généralisée avec laquelle je regardais la vie depuis quelques temps. Autant dire qu'à ce moment-là rien dans ma vie ne m'enthousiasmait.
J'avais à peine achevé un cycle universitaire à Bucarest quand mes parents, tous les deux diplomates, m'annoncèrent qu'on irait vivre à Bruxelles pour deux ans au moins.
Dès le début, Bruxelles me parut grise, une ville au charme à peine perceptible, au-dessus de laquelle flottait la toile attristante d'un ciel toujours sombre.
On habitait dans une belle villa à Uccle. Chaque matin, mon père faisait du jogging. Chaque soir, ma mère rentrait tard. Quant à moi, je poursuivis mes études dans une faculté bruxelloise. Ce fut une période tout à fait particulière.
Tandis que je ruminais mon quotidien, un livre au titre prometteur me tomba sous les yeux: La Théorie de la Fusion.
Dès les premières pages, le sujet me séduisit et je décidai de l'acheter.
En général, j'aime feuilleter les livres pendant des heures dans les librairies et il m'est arrivé d'y lire des livres entiers. Mais cette fois, je voulais découvrir lentement l'histoire, et profiter au maximum de ce plaisir exquis.
C'était la première fois que j'avais dans les mains un livre de Gaston Gaspailleu et, tout en le lisant, je me demandai pourquoi je n'en avais jamais entendu parler auparavant; ce livre était l'un des meilleurs, sinon le meilleur livre que j'avais lu depuis un bon bout de temps.
mercredi 4 juin 2008
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire